Fonds propres pour construire une maison
Constituer des fonds propres
Il faut avoir en général 20% de fonds propres au minimum
pour pouvoir obtenir un prêt hypotécaire en vue de construire
sa maison.
Qu-est ce qui est considéré comme fonds propres
?
La fortune que vous possédez:
- compte bancaire, terrain et toute valeur estimable et qui vous appartient
sans concession. Ces valeurs sont prix en compte selon leur valeur marchande
Prêt de la famille ou d'amis
Avance d'héritage
Lors d'une construction, vous pouvez également faire valoir vos
travaux personnels comme une partie de vos fonds propres, mais n'espérez
pas arriver au 20% de cette façon...
Votre 2ème pilier peut également être considéré
comme fonds propres mais avec les restrictions décritent ci-dessous.
Une utilisation du 2e pilier sous conditions
Les fonds de la prévoyance professionnelle doivent impérativement
être utilisés pour les propres besoins de l’assuré
soit pour un logement (acheté ou construit) où il y établira
son domicile principal. Ce logement principal peut être une maison
individuelle, un appartement, une PPE, un terrain pour lequel il a un
projet concret de construire. Le financement n’est autorisé
que pour un seul bien immobilier à la fois. Il peut servir aussi
au remboursement de prêts hypothécaires.
Sont exclus l’achat d’une résidence secondaire, d’un
terrain sans projet de construire, l’entretien ordinaire, la construction
d’une dépendance comme un garage ou une piscine. De même,
les frais de mutations du Registre Foncier, les honoraires du notaire
ou l’impôt sur le versement du 2e pilier ne peuvent en aucun
cas être prélevés sur les fonds de la prévoyance
professionnelle. Cela représente tout de même de 5 à
10% de la valeur du logement. Le futur propriétaire, en panne de
fonds propres suffisants (à part son 2e pilier) pour payer ces
divers frais, devra donc renoncer à son projet.
La mise en gage ou versement anticipé ?
Deux possibilités s’offrent au futur propriétaire
: la mise en gage ou le versement anticipé.
La mise en gage est possible sur les droits aux prestations
de vieillesse, d’invalidité et de décès ou
sur la prestation de libre passage. En d’autres termes, l’institution
de prévoyance ne verse rien et la dette hypothécaire correspond
à la valeur du logement sous déduction d’éventuels
fonds propres avec à la clé une charge plus importante d’intérêts.
Dans ce cas de figure, la banque peut refuser la mise en gage si les revenus
ne sont pas assez élevés ou exiger des fonds propres de
l’ordre de 5%. En cas de vente forcée du bien, l’assuré
perd son droit aux prestations de prévoyance ou à sa prestation
de libre passage à hauteur de la mise en gage. En dehors de cette
situation, par contre, les prestations de prévoyance ne sont pas
diminuées.
Le versement anticipé, l’institution de
prévoyance verse alors tout ou partie de la prestation de libre
passage qui est en fait l’épargne accumulée. Ce versement
entraîne une modification des prestations de prévoyance plus
ou moins importante selon le plan de prévoyance adopté par
l’employeur. Dans un plan avec primauté des cotisations,
les prestations sont en rapport direct avec les cotisations et l’épargne
accumulée. En cas de prélèvement, toutes les prestations
vont considérablement diminuer. Dans un plan avec primauté
des prestations, les couvertures sont proportionnelles au salaire assuré.
Dans ce cas assez favorable, les prestations d’invalidité
et de décès généralement ne changent pas,
seules les prestations de vieillesses vont diminuer. L’institution
de prévoyance doit informer au préalable l’assuré
de ses nouvelles couvertures une fois le versement effectué et
des possibilités d’y remédier à ses propres
frais. Un compte de libre passage ou une police de libre passage peuvent
aussi faire l’objet d’un versement anticipé.
Le versement anticipé est soumis à de nombreuses conditions
: il doit être au minimum de 20'000.- et peut être demandé
tous les 5 ans (ces conditions ne s’appliquent pas au compte ou
police de libre passage). D’autre part, jusqu’à l’âge
de 50 ans, il est possible de prélever la totalité de la
prestation de libre passage. Passé cet âge, il existe deux
possibilités : soit au maximum la prestation de libre passage que
l’assuré avait à 50 ans, soit la moitié de
cette prestation si celle-ci est plus importante que celle qu’il
avait à 50 ans. Un impôt unique séparé des
autres revenus est perçu sur le versement en espèces. Le
taux dépend du montant et des barèmes communaux et cantonaux.
Enfin, l’institution de prévoyance peut retarder le versement
anticipé jusqu’à 6 mois, voire beaucoup plus si elle
est en sous-couverture, c’est-à-dire en difficulté.
Mieux vaut donc prendre contact avec elle pour savoir si elle impose un
délai avant de signer une promesse de vente.
Utiliser son 2e pilier entraîne une restriction du droit
d’aliéner
Le Registre Foncier, sur la demande de l’Institution de
prévoyance, inscrira une restriction du droit d’aliéner
le bien immobilier. Cela signifie qu’en cas de vente, le propriétaire
devra rembourser le prélèvement de son 2e pilier à
l’Institution de prévoyance. Mais cette restriction a d’autres
incidences comme l’impossibilité pour un couple concubin
de prélever chacun son 2e pilier s’ils prévoient qu’au
décès de l’un des partenaires l’autre hérite
sa part et que le règlement ne prévoit pas de prestations
pour un concubin ou que celui-ci ne remplit pas ou plus les conditions.
De même pour la banque qui refusera d’accorder un prêt
pour un autre usage que son utilisation pour la maison si la totalité
des fonds propres apportés proviennent du 2e pilier.
Quand le logement n’est plus le domicile principal
Pour obtenir le versement anticipé du 2e pilier ou la
mise en gage, il faut que le logement soit le domicile principal. Mais
si par la suite, le propriétaire déménage ou loue
son logement, doit-il rembourser son 2e pilier ? La loi exige le remboursement
si le propriétaire concède un droit équivalant économiquement
à une aliénation. C’est par exemple le cas si le propriétaire
fait entrer un copropriétaire, accorde un droit d’usufruit
à une personne de son entourage qui n’entre pas comme bénéficiaires
par le règlement de prévoyance ou conclu un contrat de location
de longue durée, non résiliable et avec un loyer d’un
montant symbolique. Mais s’il déménage et loue son
logement aux conditions habituelles du marché, il en reste toujours
pleinement le propriétaire et ne doit donc pas rembourser.
Quelques cas particuliers
Si un assuré perçoit des prestations d’invalidité
du 2e pilier ou de l’AI, qu’une demande est en cours ou qu’il
est au bénéfice d’indemnités journalières
dans le cadre des mesures de réadaptation de l’AI, il ne
pourra pas obtenir de versement anticipé pour acquérir son
logement.
Au décès du propriétaire, le remboursement du versement
anticipé ayant permis l’achat de son logement n’est
pas exigé s’il existe un droit à des prestations comme
une rente de veuve ou de veuf, une rente d’enfant. Mais si personne
dans son entourage n’a droit à des prestations, les héritiers
devront rembourser.
En cas de divorce avant la survenue d’un cas de prévoyance
(invalidité, décès, retraite), le versement anticipé
est considéré comme une prestation de libre passage et entre
dans le partage des biens des époux.
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